Quand corriger devient blesser

Publié le 18 janvier 2026 à 18:52

Corriger fait partie du rôle d’adulte.
Mettre des limites aussi.
Mais il y a une ligne fragile entre guider… et blesser.

Cette ligne est franchie quand la correction ne cherche plus à faire comprendre,
mais à faire obéir.
Quand elle s’appuie sur la peur plutôt que sur la relation.

Un enfant corrigé dans la honte n’apprend pas mieux.
Il apprend à se taire.
À cacher.
À douter de lui.

Les mots durs laissent des traces invisibles.
Ils s’installent doucement dans la tête de l’enfant
et deviennent une voix intérieure sévère, exigeante, parfois cruelle.

Corriger ne devrait jamais faire mal à l’estime.
Jamais faire croire à un enfant qu’il est le problème
au lieu de l’aider à comprendre ce qui ne fonctionne pas.

Il y a une différence entre dire
« ce comportement n’est pas acceptable »
et faire sentir
« tu n’es pas acceptable ».

Quand corriger devient blesser,
c’est souvent parce que l’adulte est dépassé, fatigué, pressé.
Pas parce que l’enfant est mauvais.

Mais l’enfant, lui, ne fait pas cette nuance.

Alors corriger autrement devient un choix conscient.
Celui de parler avec respect.
D’expliquer plutôt que d’écraser.
De rappeler qu’un enfant peut apprendre sans être humilié.

Parce qu’on peut mettre des limites sans briser.
Et parce qu’un enfant qui se sent respecté
apprend bien plus qu’un enfant qui a peur.