Les mots qui restent

Publié le 18 janvier 2026 à 12:15

Il y a des mots qui passent.
Et il y a ceux qui restent.

Ceux qui s’impriment quelque part, bien plus loin que la cour d’école.
Ceux qu’un enfant entend… et garde.

Dire à un enfant « tu n’iras pas loin »,
ce n’est pas le motiver.
Ce n’est pas l’aider.
C’est lui apprendre à douter de lui avant même qu’il ait eu la chance d’essayer.

Un enfant ne comprend pas la nuance.
Il ne sépare pas l’erreur de sa valeur.
Il entend : « je ne suis pas assez ».

Les mots blessent parce qu’ils deviennent une voix intérieure.
Ils reviennent la nuit.
Ils reviennent quand l’enfant hésite, quand il échoue, quand il se compare.

L’intimidation ne vient pas toujours d’un coup ou d’une insulte criée.
Parfois, elle se glisse dans une phrase dite trop vite.
Dans un regard.
Dans une attente irréaliste.

Le rôle des adultes n’est pas de briser pour pousser.
Il est de soutenir pour faire grandir.

À l’école, à la maison, dans la vie :
un enfant a besoin de sentir qu’il a le droit d’apprendre, même lentement.
Qu’il a le droit d’être différent.
Qu’il a le droit d’exister sans être écrasé par des mots trop lourds pour son âge.

On ne construit pas la confiance avec la peur.
On ne forge pas la force en humiliant.

Et moi, comme mère,
je choisis de protéger.
De parler.
De rappeler que la valeur d’un enfant ne se mesure jamais à une phrase lancée trop vite.