La culpabilité silencieuse des mères

Publié le 12 janvier 2026 à 15:07

Il existe une culpabilité dont on parle peu.
Celle qui ne crie pas.
Celle qui ne cherche pas à être vue.
Celle que les mères portent en silence, même quand elles font exactement ce qu’il faut.

C’est la culpabilité de décider.
De trancher.
De choisir pour ses enfants quand aucune option n’est parfaite.

On nous apprend très tôt qu’une « bonne mère » doit tout endurer.
Comprendre.
Attendre.
Excuser.
Donner encore une chance.

Alors quand vient le moment de dire assez,
la culpabilité s’infiltre.

Ai-je été trop dure ?
Ai-je privé mes enfants de quelque chose ?
Ai-je décidé trop tôt… ou trop tard ?

Cette culpabilité-là ne vient pas de l’égoïsme.
Elle vient de l’amour.

Elle vient du désir profond de ne pas abîmer.
De ne pas se tromper.
De vouloir offrir mieux que ce qu’on a reçu.

Mais ce qu’on oublie souvent,
c’est que ne rien faire est aussi une décision.
Et parfois, la plus dommageable de toutes.

Porter la culpabilité, c’est souvent le prix à payer
quand on refuse de continuer à normaliser l’instable.
Quand on choisit la cohérence plutôt que l’espoir vide.
Quand on protège au lieu d’attendre.

Avec le temps, j’ai compris une chose essentielle :
la culpabilité n’est pas toujours un signal qu’on a mal agi.
Elle est parfois simplement le signe qu’on a osé faire autrement.

Aujourd’hui, je n’essaie plus de faire taire cette culpabilité.
Je l’écoute.
Je la reconnais.
Puis je la replace à sa juste place.

Elle ne décide pas pour moi.
Elle m’accompagne, puis me laisse avancer.

Parce qu’aimer ses enfants,
ce n’est pas ne jamais douter.
C’est continuer à protéger, même avec le doute.