Les funérailles de mon grand-père sont tombées exactement aux mêmes dates que celles de ma grand-mère.
Le 27 et le 28 juin 2025.
Ma grand-mère, elle, c’était le 27 et le 28 novembre 2021.
Les mêmes jours.
La même fin de mois.
Comme si, même après leur départ, ils continuaient à marcher ensemble.
La cérémonie était à son image.
Grande. Forte. Profondément humaine.
Les Chevaliers de Colomb étaient présents, avec les 4e degrés.
Jamais je n’aurais cru que ce serait aussi impressionnant.
Aussi rassembleur.
Aussi marquant.
Ce jour-là, j’ai compris à quel point il était connu.
À quel point il était important.
Pas seulement pour nous… mais pour tellement de gens.
Pendant ces deux journées, je n’ai pas pleuré.
Pas une larme.
À la place, j’ai fait des jokes.
Un peu comme mon grand-père l’aurait fait.
Parce que je le connaissais.
Il n’aurait pas voulu nous voir effondrés.
Il aurait voulu entendre rire.
Alléger.
Faire du bien, même dans l’adieu.
À la cérémonie, une immense surprise nous attendait.
Un hommage spectaculaire des Chevaliers.
Et l’annonce qu’un hommage serait désormais fait en son nom, chaque dimanche, jusqu’à Rome.
À ce moment-là, j’ai réalisé une chose :
son nom resterait gravé.
Pas seulement dans nos cœurs, mais dans la vie de tous ceux qu’il a touchés.
Ces funérailles ont aussi réparé quelque chose en moi.
Elles ont compensé ce que nous n’avions pas pu vivre pour ma grand-mère, à cause de la COVID.
À l’époque, il n’y avait pas eu cette présence, cette ampleur, cet hommage à la hauteur de ce qu’elle était.
Pas cette possibilité de rassembler, de célébrer, de dire au revoir comme il le fallait.
Avec mon grand-père, tout ce qui avait manqué pour elle était là.
La reconnaissance.
La dignité.
L’amour exprimé ouvertement.
Comme si, à travers lui, nous avions aussi rendu hommage à elle.
Comme si la vie nous avait offert une forme de réparation.
Encore aujourd’hui, j’ai de la difficulté à réaliser son départ.
J’ai souvent l’impression qu’il va revenir.
Qu’il n’est pas loin.
Comme s’il était simplement ailleurs… mais toujours présent.
Ma plus jeune, Këylie, avait offert un toutou Stitch à son arrière-grand-père.
Elle avait Angel.
C’était leur lien à eux.
Mes filles étaient sa raison de vivre.
Sa motivation pour se battre jusqu’au bout.
Il était tellement fier d’elles.
Alors, quand est venu le moment de lui dire au revoir, il n’était pas question que Stitch soit séparé de lui.
Nous l’avons laissé dans sa tombe.
Parce que certains liens ne se brisent pas.
Même pas avec la mort.