J’ai longtemps eu un corps qui parlait à ma place.
Aujourd’hui, j’essaie d’écouter celui de mes filles avant qu’il crie.
Elles aussi portent leurs tempêtes à leur manière.
Elles ont chacune leurs particularités, leurs défis, leurs troubles.
Mais surtout, elles ont une sensibilité que le monde comprend mal.
Je les vois se refermer quand tout devient trop.
Je les vois trembler, pleurer, s’isoler.
Et je sais que ce n’est pas un caprice.
C’est un trop-plein.
Alors j’essaie de les apaiser.
Pas en exigeant qu’elles “fassent comme les autres”,
mais en leur offrant le droit d’exister comme elles sont.
En mettant des mots sur ce que j’aurais aimé qu’on m’explique.
En leur apprenant que leur façon de ressentir n’est pas une faiblesse,
mais un langage précieux.
Je ne suis pas une mère parfaite.
Je trébuche encore souvent.
Mais j’ai promis une chose :
ne jamais ignorer ce que leur corps, leurs émotions, leurs silences essaient de dire.
Parce que si moi, petite, j’avais eu quelqu’un pour m’écouter ainsi,
peut-être que mon corps aurait pu se reposer plus tôt.
Et si aujourd’hui je peux leur offrir ça,
alors tout ce que j’ai porté n’aura pas été en vain.