Violence et contrôle : briser le silence sur mon vécu

Publié le 21 février 2026 à 20:11

Il y a des choses qu’on ne raconte pas facilement.

Pas parce qu’elles ne sont pas vraies.
Mais parce qu’elles sont lourdes.
Parce qu’elles ont laissé une empreinte.

La violence dans ma vie ne s’est pas limitée à une seule relation.
Ce n’était pas un seul homme.
Ce n’était pas un seul moment.

C’était des épisodes.
À différentes périodes.
Depuis que je suis toute petite.

Et pendant longtemps, j’ai minimisé.


La perte de liberté

Il y a eu des moments où je n’étais plus libre.

Enfermée dans une chambre, sans pouvoir en sortir.
Enfermée dans une maison, empêchée de partir.
Parfois laissée à l’extérieur comme une punition.

Ce ne sont pas de simples disputes.
C’est priver quelqu’un de sa liberté.

Quand on vit ça, quelque chose se fige à l’intérieur.
On comprend que notre sécurité ne nous appartient plus.


L’humiliation

On m’a craché au visage.

Ce geste peut sembler banal pour certains.
Mais il est profondément violent.

C’est une façon de dire :
« Tu ne vaux rien. »

Et ces gestes marquent.


La violence physique et les menaces

On m’a frappée.
On m’a déjà pointé un fusil à la tempe parce que je refusais de faire ce qu’on voulait que je fasse.

Ce moment-là ne s’efface pas.
Il change la façon dont on voit le monde.

Il installe une peur que le corps n’oublie pas.


La violence sexuelle

Il y a eu des relations sexuelles non désirées.
Des pressions.
Des refus qui déclenchaient la colère.

Des claques parce que je ne voulais pas coucher.

Quand le “non” n’est pas respecté,
ce n’est pas une incompréhension.
C’est une domination.


Le contrôle et la surveillance

Caméras dans mon appartement.
Localisation activée.
Téléphone piraté.

Plus d’espace intime.
Plus de vraie solitude.

Même seule, je ne me sentais pas libre.

Le contrôle peut être technologique, psychologique, physique.
Mais le message est toujours le même :
« Tu n’as pas le contrôle. »


L’isolement

Des amis qui disparaissent.
La famille mise à distance.
Des conflits chaque fois que je voulais voir quelqu’un.

L’isolement ne se fait pas toujours par interdiction directe.
Parfois, il se fait par épuisement.
Par peur des conséquences.

Et petit à petit, on se retrouve seule.


Les tromperies et les mensonges

Être maintenue dans une réalité faussée.
Découvrir des trahisons.
Douter de son intuition.

On finit par croire qu’on est trop sensible.
Trop exigeante.
Trop émotive.

Alors qu’en réalité, on réagit à des abus.


Quand ça se répète

Quand les épisodes s’accumulent,
le corps apprend à survivre.

Hypervigilance.
Besoin d’anticiper.
Difficulté à faire confiance.
Besoin de contrôler son environnement pour se sentir en sécurité.

On devient forte.
Mais cette force-là est née de la nécessité.


Je n’écris pas cela pour me définir par la violence.

Je l’écris parce que trop souvent, on minimise ce qui ne laisse pas toujours de traces visibles.

Être enfermée.
Être humiliée.
Être forcée.
Être surveillée.
Être menacée.

Ce ne sont pas des “mauvais moments”.
Ce sont des violences.

Et aujourd’hui, je refuse de les diminuer.

On m’a déjà retiré de la liberté.
On m’a déjà tenté de me faire taire.

Mais je suis encore ici.

Et écrire, c’est une façon de ne plus être enfermée.

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