Au début, ce n’était pas un conte de fées.
Les deux premières années ont été difficiles.
Quatre fois, il a disparu.
Les quatre fois, c’était quand il devait avoir ses enfants un mois complet.
Ses ados ne voulaient pas venir chez moi.
Mon monde était différent du sien.
Moi, j’avais deux petites filles de 3 et 6 ans.
À cet âge-là, les jouets, les repères, la routine… ça compte.
Il ne savait pas comment gérer tout ça.
Alors il partait.
Sans avertir.
Sans nouvelles.
Et ça a été dur.
Pour moi.
Pour mes filles.
Avec notre vécu, les absences imprévues réveillent des choses profondes.
J’ai fini par lui dire que ce n’était pas acceptable.
Que je comprenais qu’il ne savait pas comment gérer.
Mais que je ne pouvais pas vivre dans l’incertitude.
Il a compris.
Pas parfaitement.
Mais suffisamment pour changer.
Il y a trois ans, on a emménagé ensemble.
Pas parce que tout était parfait.
Parce que je devais quitter mon appartement.
Celui où j’habitais depuis cinq ans.
Celui qui était devenu nocif.
Les loyers avaient explosé.
Je n’avais pas les moyens de déménager seule.
Il a sous-loué son appartement.
On a loué une maison assez grande pour tous.
Moi, mes filles à temps plein.
Lui, ses enfants une semaine sur deux.
On a mélangé nos mondes.
On en est rendu à notre deuxième voilier.
On a voyagé partout au Québec.
On a adopté un Berger Allemand.
Il considère mes filles comme si c’étaient les siennes.
On a 20 ans de différence.
Il y a eu des critiques.
Des regards.
Mais aujourd’hui, il est stable.
Présent.
Solide.
Ce n’est pas un conte de fées.
C’est un homme qui a appris à rester.
Et parfois, rester…
c’est la plus grande preuve d’amour.
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