Je suis une mère.
Je suis une femme qui connaît l’épuisement.
Je suis une enfant devenue adulte trop vite.
Et aujourd’hui, je regarde ma fille…
et je reconnais les signes que moi, personne n’a vus à temps.
On nous dit :
Respectez vos limites.
Écoutez vos besoins.
Prenez soin de votre santé mentale.
Mais quand ton enfant ne rentre pas parfaitement dans le cadre scolaire…
le discours change.
L’enfant doit être à l’école.
Le parent doit collaborer.
Les règles sont les règles.
Et si tu questionnes ?
Tu deviens « trop émotive ».
Trop protectrice.
Pas assez cadrante.
Ce que je vois, moi
Je vois une petite fille qui donne tout ce qu’elle a pour tenir.
Je vois des efforts invisibles.
Je vois un système qui fonctionne pour la majorité…
mais pas pour tous.
Et je me retrouve coincée entre deux réalités :
Protéger mon enfant.
Ou me conformer pour éviter les conséquences.
C’est un tiraillement constant.
Et ça épuise.
On parle de comportements…
Mais rarement de surcharge.
On parle de difficultés.
Mais rarement d’hypersensibilité, de fatigue accumulée, de pression invisible.
On cherche ce qui ne va pas chez l’enfant.
On regarde la mère.
On parle peu du cadre trop rigide.
Du rythme unique qu’on impose à des humains différents.
Pourquoi ça me touche autant ?
Parce que je sais ce que ça fait d’apprendre à ignorer ses propres signaux.
Je sais ce que ça fait de performer jusqu’à l’effondrement.
Je sais ce que ça coûte de toujours s’adapter.
Et je refuse que ma fille apprenne trop tôt que pour être acceptée,
elle doit s’épuiser.
Je ne suis pas contre l’école.
Je ne suis pas contre l’encadrement.
Je suis contre l’oubli de l’humain.
Et si protéger mon enfant,
ce n’est pas la surprotéger…
mais simplement refuser qu’elle se brise pour rentrer dans un moule ?
Peut-être que ma colère n’est pas un problème.
Peut-être que c’est ma lucidité.
Et peut-être que plusieurs mères la portent en silence.
Ajouter un commentaire
Commentaires