On est conscients, comme patients,
que notre médecin de famille ne peut pas tout régler.
Chaque médecin a sa spécialité.
Et personne ne peut tout savoir.
Mais dans le système de santé actuel,
c’est souvent sur les épaules du médecin de famille
que repose la responsabilité de référer,
d’évaluer l’urgence,
et de pousser pour que la personne soit vue au bon endroit,
au bon moment.
Parce qu’avec les règles en place,
quand on a un médecin de famille,
on ne peut pas simplement aller à l’urgence pour être pris en charge.
On doit passer par lui.
Même quand la situation dégénère.
Même quand l’attente devient intenable.
Une fois entré dans le système,
une fois qu’un spécialiste est assigné,
les choses deviennent souvent plus simples.
Mais avant ça…
il y a les listes d’attente.
Des mois.
Parfois des années.
Et pendant ce temps-là,
les symptômes continuent.
Les crises aussi.
La fatigue s’accumule.
L’angoisse grandit.
Trop souvent,
quand un médecin ne sait pas quoi faire,
le patient se retrouve à devoir gérer seul.
À appeler.
À relancer.
À expliquer encore et encore.
À mettre de la pression pour être pris au sérieux.
Ce n’est pas ainsi que ça devrait fonctionner.
Un patient ne devrait pas avoir à devenir expert du système
pour recevoir des soins.
Un parent ne devrait pas avoir à multiplier les appels,
documenter, envoyer des preuves,
insister chaque jour
pour que son enfant soit enfin vu.
Et pourtant, c’est la réalité de beaucoup.
Il arrive aussi que des symptômes soient banalisés.
Minimisés.
Attribués au stress, à l’anxiété,
comme si ce qui n’était pas visible
n’était pas réel.
Mais certaines souffrances sont neurologiques.
Physiques.
Bien réelles,
même quand elles ne se voient pas.
Le système est lourd.
Les professionnels sont surchargés.
Mais laisser une personne se battre seule
n’est pas une solution.
Quand un médecin ne sait pas,
demander conseil à un collègue
devrait être plus simple
que de renvoyer le patient chez lui avec le sentiment
de ne pas être compris.
Être soigné ne devrait pas dépendre
de la capacité à insister,
à argumenter,
à s’épuiser davantage.
Parce qu’au moment où on consulte,
on est déjà vulnérable.
Et se battre pour être entendu
ne devrait jamais faire partie du traitement.