Pourquoi partir est si difficile

Publié le 28 janvier 2026 à 19:38

De l’extérieur, partir semble simple.
On se demande pourquoi elle reste.
Pourquoi elle ne s’en va pas.
Pourquoi elle n’a pas fui plus tôt.

Mais partir, dans un contexte de violence conjugale,
n’est jamais un simple choix.

La violence ne commence pas toujours par des coups.
Elle s’installe doucement.
Par le contrôle.
La culpabilité.
La peur de faire une erreur.

Avec le temps,
la personne perd confiance en son jugement.
Elle doute de ce qu’elle ressent.
Elle se demande si elle exagère.

Partir, c’est aussi affronter des peurs très concrètes :
la peur des représailles,
la peur de ne pas être crue,
la peur de ne pas être protégée.

Pour certaines,
le moment le plus dangereux
est justement celui où elles tentent de partir.

Il y a aussi les enfants.
Le désir de les protéger.
La peur de les déraciner.
La crainte de perdre la garde.
La peur de faire le mauvais choix pour eux.

Et il y a la fatigue.
L’isolement.
Le manque de ressources.
Les délais.
Les portes qui se ferment.

Partir demande une force immense.
Une planification.
Un soutien réel.
Et parfois, ce soutien n’arrive pas à temps.

Alors non, rester ne veut pas dire accepter.
Rester ne veut pas dire ne pas vouloir vivre autrement.
Rester signifie souvent survivre
jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre enfin.

Comprendre pourquoi partir est difficile,
c’est déjà cesser de juger.
Et commencer à soutenir.