La fibromyalgie : ce que j’aurais voulu qu’on comprenne

Publié le 9 février 2026 à 09:53

J’aurais voulu qu’on comprenne que si je dis que j’ai mal,
ce n’est pas pour attirer l’attention.
Ce n’est pas pour me plaindre.
Ce n’est pas une excuse.

C’est une réalité.

J’aurais voulu qu’on comprenne que la douleur chronique ne se voit pas,
mais qu’elle est constante.
Qu’elle ne disparaît pas parce que je souris.
Qu’elle ne s’annule pas parce que je fonctionne quand même.

J’aurais voulu qu’on comprenne que certains jours,
me lever demande déjà plus d’énergie
que ce que d’autres utilisent en une journée complète.

Que si j’annule, si je ralentis, si je me retire,
ce n’est pas par manque de volonté,
mais par nécessité.

J’aurais voulu qu’on comprenne que dire
« moi aussi je suis fatigué »
fait mal.
Parce que ce n’est pas la même fatigue.
Parce que la mienne ne se règle pas avec une bonne nuit de sommeil.

J’aurais voulu qu’on comprenne que vivre avec une maladie invisible,
c’est devoir constamment se justifier.
Prouver qu’on n’exagère pas.
Qu’on n’est pas paresseuse.
Qu’on n’est pas faible.

J’aurais voulu qu’on comprenne que je ne suis pas devenue différente par choix.
Que j’ai dû abandonner des morceaux de moi.
Des projets.
Des élans.
Des versions de moi-même qui allaient plus vite.

J’aurais voulu qu’on comprenne que même quand je fais moins,
je fais de mon mieux.
Et que parfois, mon mieux…
c’est simplement tenir debout.

J’aurais voulu qu’on comprenne que je ne cherche pas à être sauvée.
Seulement crue.
Respectée.
Accueillie telle que je suis, aujourd’hui.

Parce que la douleur invisible isole.
Et ce qui fait le plus mal,
ce n’est pas toujours le corps…

C’est de ne pas être comprise.