La fibromyalgie ne m’a pas seulement apporté de la douleur.
Elle m’a forcée à apprendre. À désapprendre aussi.
Elle m’a appris que mon corps n’est pas mon ennemi.
Même quand il me fait mal, il essaie de me protéger.
Il m’envoie des signaux que j’ai ignorés trop longtemps.
Elle m’a appris que je n’ai pas à mériter le repos.
Que me reposer n’est pas un échec.
Que ralentir n’est pas abandonner.
Pendant longtemps, j’ai cru que ma valeur se mesurait à ce que je faisais pour les autres.
À ce que j’endurais sans me plaindre.
À ma capacité à tenir debout coûte que coûte.
La fibromyalgie m’a appris que tenir trop longtemps… ça brise.
Elle m’a appris à dire non, même quand ça déplaît.
À écouter mes limites sans me justifier.
À accepter que certaines journées soient plus petites que d’autres — et que ça soit correct.
Et dans tout ça, il y a mon rôle de maman.
Être maman en vivant avec la fibromyalgie, c’est aimer fort avec un corps fatigué.
C’est vouloir donner le meilleur, même quand l’énergie n’est pas au rendez-vous.
C’est se lever malgré la douleur parce que quelqu’un a besoin de toi.
Et parfois, c’est culpabiliser de ne pas pouvoir en faire autant que les autres.
La fibromyalgie m’a appris que mes enfants n’ont pas besoin d’une maman parfaite.
Ils ont besoin d’une maman vraie.
Une maman qui montre qu’écouter son corps est important.
Qu’on peut être forte sans se détruire.
Qu’on a le droit de ralentir, de demander de l’aide, de respecter ses limites.
Être maman avec une douleur chronique, ce n’est pas être moins présente.
C’est être présente autrement.
Avec plus de cœur, plus de conscience, plus d’authenticité.
La fibromyalgie m’a appris la compassion.
Pas seulement envers les autres, mais envers moi-même.
Cette douceur que j’offrais si facilement autour de moi, j’ai dû apprendre à me la donner.
Elle m’a appris que la force ne crie pas.
Parfois, la vraie force, c’est de s’arrêter.
De demander de l’aide.
D’accepter de ne pas être capable aujourd’hui.
Elle m’a appris que je ne suis pas paresseuse.
Que je ne suis pas faible.
Que je ne suis pas brisée.
Je suis une personne qui vit avec une douleur chronique invisible.
Et malgré tout, je continue.
Différemment.
À mon rythme.
La fibromyalgie m’a appris que je ne suis pas obligée de survivre toute ma vie.
Que j’ai le droit, moi aussi, d’apprendre à vivre.
Et si un jour mes enfants se souviennent de moi,
j’espère qu’ils se rappelleront surtout
que même dans la douleur,
je les ai aimés de tout ce que j’avais.
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