Je ne comprends pas toujours les mots des adultes.
Mais je comprends très bien ce que je ressens.
Je sens quand quelqu’un est là pour vrai.
Je sens quand une promesse est vide.
Je sens quand on parle de quelqu’un, mais que cette personne n’est jamais vraiment présente.
Je ne sais pas toujours expliquer l’absence.
Je sais juste qu’il y a des silences qui reviennent souvent.
Des questions sans réponses.
Des attentes qui finissent par s’éteindre toutes seules.
Je ne suis pas triste tout le temps.
Je vis.
Je joue.
Je ris.
Mais parfois, je me demande pourquoi certains enfants ont un parent qui les appelle,
qui vient les chercher,
qui les connaît vraiment.
Je ne mets pas de mots comme les adultes.
Je ne parle pas de responsabilités.
Je parle avec mon cœur.
Et mon cœur sait reconnaître qui est là.
Je sais qui me rassure quand j’ai peur.
Qui m’écoute quand je parle trop.
Qui me protège quand je ne comprends pas encore ce qui me fait mal.
Ce n’est pas le nom qui fait ça.
C’est la présence.
Quand je porte le même nom que la personne qui prend soin de moi,
je me sens moins différente.
Plus en sécurité.
Plus à ma place.
Je ne cherche pas à effacer quelqu’un.
Je cherche juste à comprendre où est ma maison.
Les adultes pensent parfois que les enfants oublient.
Ou qu’ils ne voient pas.
Mais on voit tout.
On ressent tout.
Même quand on ne dit rien.
Et ce qu’on a surtout besoin,
ce n’est pas d’un parent parfait,
mais d’un adulte constant.
Quelqu’un qui ne disparaît pas.
Quelqu’un qui ne promet pas pour ensuite s’éloigner.
Quelqu’un qui reste.
Si un jour mon nom change,
ce ne sera pas pour faire mal.
Ce sera pour me sentir entière.
Parce qu’un enfant n’a pas besoin de porter une histoire trop lourde.
Il a besoin de porter un sentiment de sécurité.
Et quand un adulte fait ce choix pour moi,
je ne le vois pas comme une perte.
Je le ressens comme une protection.
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